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LA MÉMOIRE D’UN QUARTIER
Enfant de la Délivrance, Pierre Haignerié (avec d’autres) en écrit l’histoire aujourd’hui, pour faire vivre l’origine, la mémoire et la particularité de la cité-jardin.
Pour Pierre, la Délivrance est avant tout le quartier de l’enfance, de l’insouciance, du jeu, jusqu’à la nuit du 9 au 10 avril 1944 où lui et sa famille se retrouvent sous le feu du bombardement de Pâques.
« C’est l’escalier en chêne de la maison qui a tenu et nous a sauvé. C’est inimaginable ce bruit, cette violence. Ça a duré 40 minutes mais ça ne s’oublie jamais ».
Comme la ville, comme le quartier, Pierre se reconstruit, à l’aide de l’école et de la bibliothèque du quartier, où il passe tout son temps libre. A 10 ans, il entre au lycée (il n’existe pas de collège à cette époque) et quand on lui demande où il habite, il répond « Lille-Délivrance », sans avoir conscience que ce quartier, à l’époque un village, fait partie de Lomme.
Puisque son père, qui fait les 3x8, lui déconseille le travail de cheminot, il avance dans sa scolarité jusqu’à rentrer à l’école nationale de santé à Rennes. Il sera donc directeur d’hôpital, « un métier passionnant, où il faut être un peu chef d’entreprise avec des milliers d’emplois, mais aussi très social et avoir une réflexion sur la santé du territoire ».
Avec des postes à Guise, Dunkerque, Charleville-Mézières ou Saint-Quentin, lui et sa famille déménagent régulièrement. A la retraite, le choix collectif est fait de revenir à Lomme, à la Délivrance évidemment.
Au cours de sa carrière, il a également donné des cours sur l’histoire du système de santé et se passionne pour la méthode et la discipline, dévorant notamment les livres de Michel Winock. Au sein du Bavard, il travaille l’histoire locale, jusqu’à faire publier un grand article sur la cité cheminote dans la revue L’Histoire, « la référence en France. Cela m’a demandé plusieurs années de travail, c’est une très grande fierté. »
Ce travail et ces lectures continuent à rythmer les journées de Pierre, ainsi que les marches dans les rues courbes et calmes de son quartier, aujourd’hui bien différent mais toujours si particulier.

