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La ducasse d’antan
Chez nous, une ducasse est aujourd’hui un synonyme de fête foraine, le genre de mot que celles et ceux qui ne sont pas nés dans le Nord doivent apprendre. Ce mot, qui englobe les fêtes de village, trouve son origine à l’église.
Des dédicaces aux ducasses
Avant la Révolution, la vie d’un village était organisée autour de l’église, qui ont toutes des saints patrons. A Lomme, c’était une sainte-patronne, Sainte-Isbergue en l’occurrence. Chaque année, une fête de la consécration de l’église était donc organisée, qui rendait hommage au nom de ce saint patron. On appelait ça une Dédicace, qui fut ensuite écrite Dédicasse et qui, dans la région devint Ducasse. En Belgique, on retrouve le même schéma avec le terme « Messe d’église », en flamand Kierkmesse qui est devenu Kermesse.
Alors, c’était quoi une ducasse ?
A la fin du XVIIIe siècle par exemple, à Lomme, c’était le 1er dimanche de juillet. Une fête de village avec des spectacles de saltimbanques, des jongleurs, des montreurs d’ours. Il y avait aussi un théâtre de marionnettes.
Dans l’après-midi, une parade traversait le village et la soirée se terminait dans les cafés et estaminets, avec notamment un bal donné à l’auberge d’Isenghien, un des grands moments de la vie de la paroisse. Bien sûr, il y avait de l’alcool, des projets de séduction, des comptes à régler et des armes. Une ducasse n’était pas qu’un moment sympathique, il y avait aussi de la violence, des duels, au point qu’il a fallu interdire aux hommes de porter des couteaux à cette occasion. La fête, qui réunissait des habitants de toute la région, durait plusieurs jours, une période qui avait aussi pour vocation de collecter de l’argent pour l’église.
Le dimanche suivant, la fête rebattait son plein, avec autant de joie mais de façon un peu moins organisée. Une fête pour prolonger la fête que l’on appelait « le raccroc », le mot existe encore aujourd’hui.

