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La joie d’être ensemble
Pour Yasmina Zeghbib, le bonheur se trouve à la Mitterie, à la Maison des Solidarités. Les rencontres, les ateliers, elle y trouve des amis et une vie sociale dont elle avait besoin.
Yasmina grandit en Algérie, dans la ville de Skikda, au bord de la Méditerranée. Une enfance avec des parents sévères et peu de liberté, jusqu’à son mariage “organisé par ma famille. C’était comme ça à l’époque, heureusement maintenant ça a changé”. Après la cérémonie, elle reste deux ans à vivre avec ses beaux-parents pendant que son mari est retourné travailler en France.
En 1992, elle le rejoint et le couple s’installe à Hellemmes. “C’était une nouvelle liberté, on sortait souvent, pour profiter de la ville. Ma difficulté, c’était de bien parler le français. Je le comprenais et je savais le lire et l’écrire, mais parler non. Alors j’ai regardé beaucoup de dessins animés et je répétais, puis je me suis entrainé en allant au parc et en discutant avec des personnes âgées.”
La vie et le travail l’ont ensuite fait déménager à Lille, à Mulhouse ou encore à Marseille “mais j’avais envie de revenir dans le Nord. J’aime trop ici, les gens sont gentils, même quand je suis au bled, Lille me manque rapidement”.
Et c’est donc à Lomme qu’elle s’installe et souhaite trouver un nouveau travail après avoir été assistante maternelle pendant plusieurs années. Sur les conseils de sa conseillère Pôle Emploi, elle pousse alors la porte de la Maison des Solidarités “et ça m’a plus direct. Ici, on partage nos expériences, nos difficultés, la vie de couple, les enfants, on se parle de tout, on oublie les soucis. On peut faire de la couture, des karaokés mais le grand moment, c’est l’atelier cuisine du vendredi. C’est cuisines du monde, on mange marocain, brésilien, indien, italien la prochaine fois. On apprend et on s’échange des recettes et puis on mange ensemble, avec le dessert et le café, jusqu’à 17h ! Et moi, j’ai appris à faire de la patisserie quand j’étais jeune alors j’en fais beaucoup ici.”
A l’heure où les enfants grandissent, “ma plus jeune fille passe son bac cette année”, la solidarité du groupe est un moment important pour donner de la joie. Le pouvoir de la rencontre, c’est aussi le quotidien de cette Maison ouverte à toutes et à tous

