La croix du temple

Aujourd’hui, ce nom est utilisé par les usagers des transports en commun. Mais quand ils y lisent les horaires ou y descendent du bus, savent-ils qu’ils mettent leurs pas dans les traces d’une histoire quasi-millénaire ? 

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La Croix du Temple n’existe plus mais ce nom est celui d’une très longue histoire. La mémoire d’un estaminet qui portait ce nom jusqu’à sa destruction en 1960 est encore vivante parmi quelques Lommois. Dans cet estaminet, on y mangeait, on y buvait, on y chantait parfois, on y tirait à l’arc aussi. Enfin, disons plutôt que des tireurs à l’arc s’y réunissaient et en avait fait le siège de leur club (on disait « société »). Mais pourquoi ce nom ? 

Un nom chargé d’histoire

Parce qu’il y avait une croix, et un temple, mais pour cela il nous faut voyager encore plus loin dans le temps. Au cours des XIIe et XIIIe siècles, la confrérie des Templiers, un ordre religieux et militaire, était présente sur tout le territoire. 

A Lomme, le Temple en question était donc sans doute une grande ferme fortifiée qui exploitait les terres des environs. Devenu très riche, très puissant (sans doute trop), l’Ordre entra dans une lutte de pouvoir qui aboutit à sa dissolution et à la confiscation de ses biens en 1312. 

Des Templiers à la mémoire du quartier

Le temple, dit « Temple de la Haye », nom que l’on retrouve encore aujourd’hui dans une rue de Canteleu, fut alors confié aux Hospitaliers Saint-Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom d’Ordre de Malte. Les nouveaux propriétaires exploitaient donc 34 hectares de terres, dont 14 constitués de bois et de prés. Le reste servait sans doute, entre autres, à faire pousser du blé puisque la ferme avait son propre moulin à vent, situé entre ce que sont aujourd’hui les rues Denis-Papin et James-Watt. Oui, cela nécessite un effort d’imagination. La ferme a grossi jusqu’à posséder 72 hectares (soit 8% de la commune actuelle). 

Cette ferme, qui était aussi un lieu du pouvoir religieux, a marqué son emplacement en installant une grande croix à proximité, au carrefour de routes importantes. C’est cet emplacement qui porte encore le nom de Croix du Temple et qui verra plus tard la construction d’une auberge, position stratégique oblige.

Et la ferme ? La Révolution française a aboli les ordres religieux et leurs privilèges, elle a donc été vendue et est devenue une grosse ferme bourgeoise, d’une belle taille puisqu’on trouvait une chapelle dans sa cour. Cette maison a survécu à bien des changements et fut détruite en 1922. La Ville évolue, se transforme, les paysages d’aujourd’hui seront sans doute oubliés un jour, à leur tour.


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