UN DRÔLE D’OISEAU

Depuis plus de 50 ans, dans le Marais, les habitants de tous âges peuvent profiter de l’ombre et des jeux du Parc du Rossignol. Ou bien est-ce le Parc Rossignol ? Les deux noms sont possibles, pour un voyage entre l’histoire officielle et les habitudes populaires. 

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Un parc né sur les ruines d’une distillerie

Avant de parler du nom, il faut parler de l’emplacement, qui n’était pas du tout un parc mais bien une usine, une distillerie plus exactement. Fondée en 1869, la distillerie Rossignol-Lefebvre fabrique plusieurs alcools, en particulier celui qui se boit beaucoup à l’époque : le Schiedam. Du nom d’une ville des Pays-Bas qui en avait fait sa spécialité, cet alcool de grain (blé et orge) est aromatisé de baies de genièvre, ce qui fait qu’on l’appelle aussi le genièvre. 

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, cet alcool est un apéritif, un digestif mais aussi l’ingrédient de la « bistoule », à savoir une (belle) goutte dans le café du matin (!) des ouvriers. A Lomme, on fabrique donc le genièvre de l’étoile. La famille Rossignol, une vieille famille lommoise, possède un large terrain et en a déjà donné une partie à la municipalité pour en faire une rue. On l’appellera rue Rossignol, puis, en 1911, rue de l’étoile. C’est aujourd’hui la rue des Martyrs de la Résistance. 

En 1944, la distillerie est fortement détruite par le Bombardement de Pâques mais la production se relance quand même, à un rythme moins soutenu. En 1956, la distillerie Rossignol est rachetée par la société Flourent à Loos. C’est pourquoi le genièvre, toujours fabriqué à Wambrechies, porte parfois le nom de« genièvre de Loos ».

Parc Rossignol, Parc du Rossignol : quand le langage populaire s’impose

Rachetés par la Ville en 1965, les bâtiments laissés à l’abandon sont détruits 10 ans plus tard pour faire place à un jardin, puis à un parc. En hommage à l’histoire du lieu, le Parc de la rue Victor-Hugo, de 12 000 m2, est baptisé Parc Rossignol. Rien à voir avec l’oiseau connu pour la dimension mélodique de son chant donc, sauf que le temps et l’usage sont passés par là. 

Au cours des années 90, sans que l’on comprenne exactement pourquoi,un « du » se rajoute, sans doute issu d’un nom donné par les habitants. Aujourd’hui, ce « du » s’est imposé, au point de figurer au cadastre et à l’entrée du parc. Le souvenir de la distillerie Rossignol, cependant, ne s’est jamais envolé.


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